Analyse - Le contrôle des frontières, un « big business » en pleine expansion dans l’Union européenne

 

 

 

En 1989, la chute du Mur de Berlin signait la fin d’une époque, celle d’un monde bipolaire traversé par une frontière idéologique. Dans les années qui suivent, l’extension des frontières de l’Union européenne et la mondialisation des échanges économiques semblaient présager d’un monde sans frontières et d’une ringardisation du concept d’État-Nation. Un peu plus de trente ans plus tard, l’époque est à l’élévation de murs, la pose de clôtures et la généralisation des technologies de surveillance pour rendre les frontières de moins en moins perméables.
S’il ne fallait choisir qu’un symbole de ce revirement de situation, Frontex fait figure de candidate idéale. L’agence européenne des garde-frontières et garde-côtes ne souffre pas de l’austérité comme tant d’autres secteurs publics : de 2005 à 2021 son budget a été multiplié par 86 pour atteindre 543,5 millions d’euros. Et d’ici 2027, il devrait encore être multiplié par dix ! Une manne qui va surtout profiter aux industries actives dans les secteurs de la sécurité et de l’armement. Après avoir brièvement tracé l’historique de la création de l’agence Frontex, nous analyserons de quelle manière elle symbolise une politique migratoire européenne qui privilégie les intérêts économiques au respect des droits humains.

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